SpaceCorp 2025-2300AD : à la conquête de l’espace !

Alors que j’écris ce mot, deux évènements se sont produits. Le premier, la sonde Osiris-Rex a accosté l’astéroïde Bennu pour récupérer de la poussière. Le second c’est la traduction en français de SpaceCorp 2025-2300AD par Nuts. Bien sûr, je n’ai pas attendu après puisque que j’ai la version originale depuis plus d’un an. Dans SpaceCorp 2025-2300 AD, vous allez diriger une entreprise commerciale dans le but de coloniser le système solaire puis l’espace proche du Soleil. Il s’agit d’un 3X, à savoir, eXploration, eXpansion et eXploitation. Oui, pas d’eXtermination ! A ce niveau, il s’agit d’une simple compétition entrepreneuriale.

Les 3 ères de la conquête spatiale

Au cours de trois ères, les joueurs, jusqu’à 4, vont conduire des missions d’exploration, de construction et d’établissement tout en cherchant des bénéfices et surtout en remplissant des contrats qui cadencent le jeu. Chaque ère se termine lorsque six d’entre eux sont accomplis ou lorsque la pile de la pioche est vide. A ce moment, soit les joueurs continuent, soit ils arrêtent le jeu. Celui qui a le plus de profit a gagné.

Conquête des géantes gazeuses

Chaque joueur possède un plateau personnel qui représente le QG de l’entreprise et des pions à sa couleur. En face d’eux, le plateau de l’ère sur laquelle ils jouent est posé, ainsi que celui des contrats qu’il faut réussir pour avoir les points. Enfin, il y a les cartes de l’époque en question qui vont permettre aux entreprises d’effectuer leurs actions.

Colonisation de Mars !

Au cours de son tour, le joueur effectue une et une seule action. Elles sont nombreuses, près d’une dizaine. Pour effectuer une action, le joueur joue une ou des cartes de l’action concernée, complétées par l’infrastructure du QG s’il y a, et l’accomplit. Pour cela, il faut battre la valeur de l’action en question (égale ou supérieure) pour la réussir. Le reste du tour consiste, entre autre, à réclamer le gain d’un contrat réalisé, effectuer un transport gratuit, écarter et remettre des cartes et en tirer une si 4 ou moins en main.

Cartes et actions

Et c’est là que réside l’intérêt du jeu. Vous ne pouvez faire qu’une action tout comme les autres. D’où se met en place une course entre les compétiteurs car celle-ci sera rude et il sera toujours profitable d’être le premier ! Ainsi, il y aura des moments où vous ne pourrez pas effectuer l’action désirée car vous n’aurez pas les moyens, chose que d’autres pourront faire. Il vous faudra envisager en faire une autre plus profitable, voire optimale pour l’entreprise et la suite de la partie. Le jeu peut paraître simple, les règles le sont, mais nécessite une réflexion dans les tours. Ainsi, il y a une grande interaction qui se crée entre les joueurs. Et la compétition peut durer jusqu’à 4 heures.

QG d’entreprise avec ses infrastructures

Chose intéressant dans ce jeu c’est que la boîte a prévu 2 jeux de règles, un pour le solo et un pour le multijoueur. Et chaque fascicule détaille admirablement un tour de jeu, les actions et la partie lors des trois ères. Ce qui est exceptionnel, surtout pour la partie solo, car, en général, seule la fin des règles y sont consacrés dans les jeux jouables en solo. Là, le solo et le multijoueur sont sur un même pied d’égalité.

Apparition d’aliens !

Le jeu est très bon, d’ailleurs, il a rencontré un certain succès, d’autant plus qu’il a été traduit en français. Facile d’accès, grande interaction, renouvellement des parties, des QG différents de ceux de base dans la boîte pour varier les situations, vous vous trouverez en face de multiples situations et de choix difficiles. En plus, il est prévu une extension, en espérant, que celle-ci soit aussi traduite. Bonne conquête de l’espace !

Cpt Harlock

Fin de partie solo

Root, rien ne va plus !

Oui, rien ne va plus dans la forêt ! Le Petit Peuple va encore souffrir. Les Dynasties de la Canopée, l’ancienne aristocratie régnante, veut retrouver son pouvoir perdu face au Marquisat de Chat, qui l’exploite sans vergogne pour alimenter son empire économique et militaire. Face à eux, l’Alliance de la Forêt, grâce au Petit Peuple, veut s’affranchir de ces oppresseurs. Quant au Vagabond, il se balade le long des chemins pour devenir célèbre grâce aux quêtes qui lui seront confiées. Enfin, le Culte des Lézards, qui veut répandre la bonne parole, et la Compagnie de la Rivière, qui cherche de nouveaux marchés pour étendre son commerce, observent tout ce petit monde s’agiter.

Le Marquisat en défense face à la Canopée

Vous avez compris, Root est loin d’être un jeu tranquille. Plusieurs joueurs vont se disputer un territoire avec des forces plus ou moins nombreuses. Mais avec des modes de fonctionnement totalement différents. Le jeu a, certes, des règles simples mais possède une asymétrie poussée.

La Rébellion est en marche !

A son tour, le joueur doit suivre la journée détaillée pour la faction qu’il dirige. Chacune d’elles en possède une complètement différente de celles des autres. Une journée est divisée en 3 phases : une aurore, un jour et un crépuscule. A chacune de ces phases, le joueur effectue les actions qui s’y déroulent. Les actions communes à toutes sont le déplacement et le combat. Pour les déplacements, ceux-ci se font de clairière en clairière avec la possibilité de construire des bâtiments pour récolter ressources et population. Pour les combats, ceux-ci sont résolus par le jet de 2 dés où l’attaquant prendra le plus grand des 2 résultats et le défenseur le plus petit, sachant que chaque camp ne peut infliger plus que le nombre de meeples qu’il possède. A côté, des cartes rythment le jeu par des bonus voire des changements pour la fin de partie. Cela permet la variété dans le jeu et l’évolution de son camp.

Combat entre le Marquisat et la Canopée

Pour l’asymétrie, chaque faction est différente dans ses objectifs et spécificités. Certaines pourront construire des bâtiments uniques, d’autres auront une population importante ou contrôleront plus ou moins la carte. Il va falloir bien maîtriser son camp et faire attention aux autres pour éviter que l’un d’eux file vers la victoire. Pendant son tour, le joueur devra optimiser sa faction. Il y aura de la compétition de toute sorte. Les points de victoire dépendront de son camp car, là encore, différents, même si chacun peut gagner en remportant une victoire normale de 30 points. La fin du jeu ne se termine pas de suite, le candidat vainqueur devra survivre un tour complet aux attaques des autres.

Le Vagabond garde un œil sur le terrain

Ce ne sera pas en une seule partie que vous découvrirez le jeu. Agréable grâce à la tension entre les joueurs, Root propose une expérience renouvelée malgré le hasard des cartes et des jets de dés qui peuvent rebuter certains. Et au moment que j’écris, de nouvelles extensions vont enrichir les parties avec deux nouveaux peuples, le Grand-Duché Souterrain et la Conspiration des Corvidés.

Cpt Harlock

Les Taupes et les Corvidés, face-à-face

Les jeux COIN de GMT, késako ?

Même si vous n’êtes pas un joueur invétéré, il se peut que vous ayez entendu parler de ce que l’on appelle les jeux COIN de Volko Runhke, publiés chez GMT Games. En effet, même s’ils sont en anglais et d’une difficulté élevée, les joueurs commencent à rechercher des jeux sur des périodes historiques, sans passer par les wargames qui s’adressent à un public plus restreint et avec des règles très nombreuses. Enfin et surtout, les jeux COIN seront bientôt traduits en français, le premier Falling Sky, par Nuts Publishing grâce à son partenariat avec GMT.

Andean Abyss, Vol I

COIN est un acronyme anglais pour désigner COunter-INsurgency, traduit en COntre-INsurrection. Ainsi, ce sont des jeux de guérilla multi-factions ou la lutte entre un pouvoir/gouvernement dominant et des factions insurrectionnelles, consistant en un système de contrôle de zones grâce aux actions et objectifs uniques pour chacun d’eux. Ce qui caractérise ces jeux est la complète asymétrie entre les camps et les joueurs, entre un et quatre, interagissent dans un environnement militaire surmonté du contexte politique de l’époque.

Falling Sky : The Gallic Revolt Against Caesar, Vol VI

Chaque COIN est aussi ce que l’on appelle un CDG, un Card-Driven Game. En résumé, chaque partie est cadencée par un deck de cartes d’évènements, divers et variés, grâce auxquelles, les joueurs auront l’opportunité d’effectuer leurs actions. Dans le paquet, il y aura aussi des cartes décompte, qui permettent de mettre en pause le jeu et voir si un camp a gagné. Dans le cas contraire, on redistribue les ressources, on remet de l’ordre sur le plateau et les joueurs recommencent une nouvelle période de jeu jusqu’au prochain décompte.

A Distant Plain, Vol III

En plus de cadencer le jeu, les cartes désignent l’ordre du tour des factions et un maximum de deux joueurs auront la possibilité d’accomplir leur tour. Le premier aura un avantage car, en choisissant son action, il conditionne le choix du deuxième. A la fin du tour, les deux joueurs en phase ne joueront pas le suivant, permettant aux deux autres joueurs d’effectuer leurs actions.

Gandhi : The Decolonization of British India, 1917-1947, Vol IX

Pendant la partie, il appartiendra de maintenir un certain équilibre entre les factions. Même les alliés naturels pourront poser une menace directe à vos efforts par la corruption, le patronage culturel voire les pratiques commerciales douteuses. Ce qui provoque une inter-action entre les joueurs et même si vous réglez un problème un moment donné, un autre pourra surgir à un autre endroit et à un autre niveau.

Pendragon : The Fall of Roman Britain, Vol VIII

L’intérêt des COIN est que le système de règles reste le même. Chaque boîte amène des points spécifiques à celle-ci. Ainsi, cartes, actions et conditions de victoires permettront de découvrir un conflit en particulier et donc une différente façon de jouer celui-ci.

Cuba Libre, Vol II

Et ces derniers sont nombreux. Pas moins de neuf boites existent et trois sont en préparation. Il y a donc de quoi faire pour découvrir la richesse de ces jeux car au sein même d’une boîte, chaque partie est différente les unes des autres grâce au deck. De même, il existe de mini-extensions qui viennent compléter voire améliorer le matériel des différents boîtes. Il y aura, certainement, une période d’apprentissage, pour les nouveaux joueurs, pour trouver la richesse qui y réside. Mais, il est clair que les joueurs passionnés trouveront vite leur intérêt.

Liberty or Death : The American Insurrection, Vol V

Pour terminer, comme je l’ai dit plus haut, les COIN se joue de un à quatre. Il existe, donc, un mécanisme pour jouer de manière solo grâce à l’intervention de bots IA et d’un schéma détaillant leurs actions. Ces IA sont très bien construites et peuvent vous donner du fil à retordre. C’est aussi un moyen pour appréhender les règles mais il est clair que les jeux COIN sont intéressants en jouant à plusieurs.

Colonial Twilight : The French-Algerian War, 1954-1962, Vol VII

Il ne reste plus qu’à vous souhaiter de bonnes parties.

Captain Harlock

Fire in The Lake, Vol IV